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Thérapie de groupe en ligne : un essai québécois améliore le bien-être, pas l’engagement au travail

Sept séances de groupe en ligne ont amélioré le bien-être d’adultes en difficulté dans leur travail, selon un essai québécois : les bénéfices tenaient encore neuf semaines après la fin du programme. Le résultat le plus intéressant est ailleurs, car ces participants ne se sont pas montrés plus engagés dans leur carrière pour autant. Aller mieux ne veut pas toujours dire s’investir davantage au travail.

En bref
  • L’essai compare une thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) à une liste d’attente, chez 164 adultes.
  • Le programme : sept séances hebdomadaires de deux heures et demie, en groupe et en ligne.
  • Bien-être en hausse et détresse en baisse, mais pas de hausse significative de l’engagement professionnel.
  • Les résultats reposent sur ce que déclarent les participants.

Comment l’essai a-t-il été mené ? #

L’étude est parue en ligne le 29 octobre dans le Journal of Counseling Psychology, et elle est présentée dans un communiqué de l’Association américaine de psychologie. Elle est signée par une équipe de l’Université du Québec à Montréal, dont Simon Grégoire est l’auteur principal.

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Les 164 participants, francophones, ont en moyenne 42 ans ; environ 81 % sont des femmes et la plupart ont fait des études supérieures. Ils ont été répartis au hasard : un groupe suivait le programme, l’autre patientait sur liste d’attente pendant les sept premières semaines, avant de se voir proposer la même intervention.

Les situations étaient variées : transition de carrière, symptômes d’épuisement déclarés, insatisfaction, difficulté à choisir une voie ou à retrouver un emploi. Une partie seulement avait un emploi stable. D’après la reprise intégrale du communiqué, un peu plus de la moitié occupaient un poste permanent, les autres étant en contrat temporaire, indépendants, au chômage ou en arrêt maladie.

En quoi consiste cette approche ? #

La thérapie d’acceptation et d’engagement ne cherche pas à faire disparaître les pensées difficiles. Elle vise à mieux composer avec elles, pour continuer à agir selon ce qui compte. Les chercheurs parlent de flexibilité psychologique : rester ouvert à un sentiment pénible sans se laisser enfermer dans l’évitement ou la lutte contre celui-ci.

Concrètement, les participants ont exploré leurs pensées et leurs émotions liées au travail, précisé ce qui leur importait, puis construit des objectifs conformes à ces valeurs. Les séances mêlaient discussions de groupe, exercices de pleine conscience, apports pédagogiques et activités à faire chez soi.

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Quels bénéfices ont été mesurés ? #

Comparés à la liste d’attente, les participants du programme ont déclaré davantage de flexibilité psychologique, de bien-être et de sens donné à leur vie professionnelle, ainsi que moins de détresse psychologique. Ces améliorations se maintenaient à la 17e semaine, soit environ neuf semaines après la fin du programme.

Ce suivi reste assez court. Il ne dit rien de ce qui se passe au bout de plusieurs mois ou de plusieurs années. Le communiqué ne détaille pas non plus l’ampleur des effets : il indique leur sens, pas leur taille.

Pourquoi l’engagement professionnel n’a-t-il pas suivi ? #

Les chercheurs eux-mêmes se disent surpris. Malgré ces progrès, les personnes ayant suivi le programme en premier ne se sont pas montrées significativement plus engagées dans leur carrière que celles de la liste d’attente.

Simon Grégoire avance une explication prudente : ce travail peut aider à clarifier ce qui compte, et cette clarté ne ramène pas forcément vers l’emploi occupé. Certains ont pu comprendre que leur poste ne correspondait plus à leurs valeurs, d’autres trouver ce qu’ils cherchaient dans les loisirs, le bénévolat ou la famille. Il précise que les données ne permettent pas de trancher entre ces hypothèses.

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Ce point mérite d’être gardé en tête quand le bien-être au travail est présenté comme un levier de performance. Ici, la santé psychologique et l’investissement dans la carrière n’ont pas évolué ensemble.

Quelles limites garder en tête ? #

Les auteurs en signalent plusieurs. L’étude n’a pas été conçue pour comparer cette approche à d’autres formes d’accompagnement psychologique ou professionnel : elle ne dit donc pas que l’ACT fait mieux qu’autre chose. Les résultats sont déclarés par les participants, et la réalisation des exercices entre les séances n’a pas été contrôlée.

L’échantillon pèse aussi sur la portée des résultats : des personnes majoritairement diplômées, en grande partie des femmes, toutes francophones du Québec, et volontaires pour ce type de démarche. Rien ne garantit que les mêmes effets se retrouvent ailleurs, ni qu’un programme différent, animé par d’autres, obtienne les mêmes résultats.

L’équipe indique que les manuels d’animation et de participation sont accessibles gratuitement sur l’Open Science Framework, à destination des conseillers d’orientation et des psychologues. Une souffrance qui s’installe au travail, elle, relève d’abord d’un échange avec un médecin ou un psychologue : ce programme n’a pas vocation à remplacer un suivi individuel.

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